LA FERTE ALLAIS - MALHESERBES

Sortie du 29 Juillet 98

"la distance effectuee sera superieure a 70 KM",
"le rythme sera soutenu",
"le parcours est assez accidente dans sa premiere partie",
"les blesses seront laisses sur place pour ne pas retarder le groupe",
"bref, vous allez en baver",


... C'est en gros le message que Laurent a laisse sur le repondeur.
Et pour la premiere fois depuis qu'il case ses sorties "sportives" au CIHM, Laurent est enfin parvenu a ses fins: suggerer aux empecheurs-de-pedaler-a-fond de rester au pieu plutot que de venir s'echouer lamentablement d'epuisement au bord d'un chemin, la tete renversee dans l'herbe, les yeux dans le vague et le vtt dans le fosse.

Et il faut dire que dimanche, le rythme est reste soutenu jusqu' au bout malgre un soleil qui vous inciterait plus a rester a l'ombre d'une parabole devant la TV a regarder d'autres cyclistes transpirer sur le bitume des routes de France plutot que de mourir d'un melange subtile de soif, d'insolation et de fatigue.

De siote, j'ai eu une grande surprise en arrivant sur le quai de la gare de Lyon: d'ailleurs, j'ai d'abord cru m'etre trompe de train, etre tombe sur un groupe de benevoles qui venaient d'aider de jeunes apprentis coiffeurs a se faire la main. Mais non! Il s'agissait bien des celebres aventuriers banlieusards de la pedale qui en l'occurrence profitaient de leurs cheveux pour se changer de tete. Et ma foi, qu'ils en profitent, vous pouvez en croire l'experience d'un adepte de la calvitie, et pourtant, pour ce genre de choses, j'ai toujours su garder la tete froide (surtout le crane!). Mais pour en revenir a nos chevelus:
- Laurent, l'organisateur, en pro de la glisse qu'il est, a privilegie l'aerodynamisme,
- Jean-Luc, tres rapidement surnomme Jean-Paul Gautier, vous aurez compris qu'il est devenu blond platine,
- quant a Marie-Annick, la derniere arrivee, elle a mis a profit son samedi pour se concocter une coupe de G.I. du plus bel effet.

On etait 7 pour cette sortie de durs-a-cuire,
5 mecs et 2 nanas;
dans ces cas-la, on dit 5 costauds et 2 courageuses.

Et bien en fait, c'est le contraire qui s'est passe. Les 2 representantes du sexe dit "faible", Agnes A et Marie-Annick, se sont montre plutot resistantes alors que les gars auront eu a se montrer tres courageux pour avoir droit a leur bolee de cidre. Et j'exagere a peine! Bravo donc a nos deux belles de service pour leur resistance physique.
On peut tout de meme regretter (mais pas beaucoup!) au cours de cette journee les procedes employes pour faire perdre leurs moyens a leurs compagnons masculins presents a cette sortie:
- Marie-Annick a tout de suite annonce la couleur en venant en short, elle qui d'habitude ne nous devoile jamais plus haut que la cheville. Plus tard, elle va nous prouver qu'elle est venue avec tous ses arguments physiques en terminant la journee en brassiere. A quand la suite?
- Agnes, pour sa part, plus rayonnante que jamais apres une grosse semaine en Lozere, attendra la fin de la ballade pour nous jouer une petite partition sexy en faisant descendre la fermeture-eclair du haut de son cuissard (hou-ouuuu, c'est chaud!!!) pour se collant un cardio-frequencemetre a meme la poitrine (hou-ouuuu, c'est tres chaud!!!) becoz ca marche pas a travers le cuissard; mon cardio me disait ce matin qu'il en etait encore tout fretillant d'emotion. D'ailleurs, je me mets a sa place (je sais pas si je peux?), ce ne doit pas etre facile de recouvrer ces moyens apres ca...

Nous sommes arrives a La Ferte-Alais pour constater que personne ne nous avait rejoint en voiture, nos fetards z-institutionnels que sont devenus Yves et Thierry ne nous avaient une fois de plus pas decus en preferant leur orgie decadente hebdomadaire et tardive a la sortie vtt dominicale pourtant pas trop matinale.

En ce qui concerne le parcours, ca a ete superbe. Single track en sous-bois, passages geniaux au milieu des rochers, galeres tres eprouvantes dans le sable, puis chemins en rase campagne au milieu d'une mer de ble s'etendant a perte de vue. Bref, une grosse variete de charmants petits coins.

A propos des organisateurs et de la Lozere, si vous cherchez a retrouver votre forme d'antan, n'hesitez pas a faire une petite cure de vtt dans les Causses et les gorges du Tarn, l'etat physique dans lequel sont revenus Agnes et Laurent prouvent que les effets sont assez exceptionnels. Ou alors, ils utilisent des produits testes et approuves par l'equipe Festina mais ca m'etonnerait fort.

Par contre, les effets du climat lozerien sur le mental sont assez deroutants: j'avoue que j'ai eu qlq inquietudes quand Lolo, sans aucun raison apparente, a ressenti le besoin soudain de monter a un arbre des qu'on a eu fini le pique-nique, tout ceci accompagne de cris de primate excite.Etait-ce un coup de chaud, un reste d'instinct animal (encore tres present chez lui), le resultat de la vie de couple avec Agnes (ca doit marquer son homme!), ou simplement l'effet de la perte naturelle (mais acceleree chez certains individus) des cellules grises, je ne sais pas... mais je pense qu'il faudra veiller sur ce garcon qui est pourtant tres agreable par ailleurs. Nous comptons sur toi, Agnes, pour prendre soin de lui.

Dans l'apres-midi, le rythme est demeure tres soutenu mais le groupe, assez homogene, restait bien compact. Les seuls arrets etaient dus:
- aux lentilles de Agnes qui se pliaient en 4 a chaque virage, ce qui necessitait l'arret de Gilles qui n'a pas son pareil dans le role de miroir via les reflets de ses lunettes interposes.
- au remplissage des gourdes. La premiere fois, discretement, dans un petit cafe des environs. La seconde fois, dans la cour d'un gite rural, Laurent dont les talents linguistiques ne sont plus a demontrer, etant parvenu a se faire comprendre de 2 charmantes ex-jeunes et ex-belles femmes qui parlaient une langue europeenne non francaise. Nous nous sommes donc tous regroupes a cote du tuyau d'arrosage dispensateur de fraicheur pour remplir nos outres et autres bidons mais il faisait tellement chaud, la tentation etait trop grande. Et Laurent craqua! Tres vite, son tuyau allait servir de douche pour rafraichir les vetetistes, d'abord contre leur volonte puis tres vite, tout le monde se mettait en position pour etre bien beni par Laurent. Tres agreable!!!

Ile ne nous restait plus alors qu'une vingtaine de kilometres pour rejoindre Malheserbes, juste le temps pour Marie-Annick, la casse-coup du groupe, de tester la solidite d'un petit-pont-de-bois sur l'Essonne, d'abord tres sereine, puis bcp plus inquiete une fois que je l'ai eu rejoint sur ce meme pont tres branlant, surtout quand je sautai dessus a pieds joints... juste le temps aussi pour Jean-Luc, un peu au bout du rouleau, de se prendre une petite gamelle alors qu'il admirait Jean-Mi-le-play-boy traversant avec talent des ornieres traitresses et pleines de boue... juste le temps enfin pour Agnes de perdre definitivement sa lentille droite.

Nous arrivames a Malesherbes ou une foule en delire (enfin... la serveuse!) attendait ses heros pour leur offrir une bonne rasade de cidre regenerateur, et apres quelques glaces, quelques etirements et quelques baillements, nous rentrames vers Paris tard dans la nuit fourbus mais ravis de cette belle journee de plaisir.

Philou