Et il faut dire que dimanche, le rythme est reste soutenu jusqu' au bout malgre un soleil qui vous inciterait plus a rester a l'ombre d'une parabole devant la TV a regarder d'autres cyclistes transpirer sur le bitume des routes de France plutot que de mourir d'un melange subtile de soif, d'insolation et de fatigue.
De siote, j'ai eu une grande surprise en arrivant sur le quai de la gare de
Lyon: d'ailleurs, j'ai d'abord cru m'etre trompe de train, etre tombe sur un
groupe de benevoles qui venaient d'aider de jeunes apprentis coiffeurs a se
faire la main. Mais non! Il s'agissait bien des celebres aventuriers
banlieusards de la pedale qui en l'occurrence profitaient de leurs cheveux
pour se changer de tete. Et ma foi, qu'ils en profitent, vous pouvez en
croire l'experience d'un adepte de la calvitie, et pourtant, pour ce genre
de choses, j'ai toujours su garder la tete froide (surtout le crane!). Mais
pour en revenir a nos chevelus:
- Laurent, l'organisateur, en pro de la glisse qu'il est, a privilegie
l'aerodynamisme,
- Jean-Luc, tres rapidement surnomme Jean-Paul Gautier, vous aurez compris
qu'il est devenu blond platine,
- quant a Marie-Annick, la derniere arrivee, elle a mis a profit son samedi
pour se concocter une coupe de G.I. du plus bel effet.
On etait 7 pour cette sortie de durs-a-cuire,
5 mecs et 2 nanas;
dans ces
cas-la, on dit 5 costauds et 2 courageuses.
Et bien en fait, c'est le
contraire qui s'est passe. Les 2 representantes du sexe dit "faible", Agnes
A et Marie-Annick, se sont montre plutot resistantes alors que les gars
auront eu a se montrer tres courageux pour avoir droit a leur bolee de
cidre. Et j'exagere a peine! Bravo donc a nos deux belles de service pour
leur resistance physique.
On peut tout de meme regretter (mais pas beaucoup!) au cours de cette
journee les procedes employes pour faire perdre leurs moyens a leurs
compagnons masculins presents a cette sortie:
- Marie-Annick a tout de suite annonce la couleur en venant en short, elle
qui d'habitude ne nous devoile jamais plus haut que la cheville. Plus tard,
elle va nous prouver qu'elle est venue avec tous ses arguments physiques en
terminant la journee en brassiere. A quand la suite?
- Agnes, pour sa part, plus rayonnante que jamais apres une grosse semaine
en Lozere, attendra la fin de la ballade pour nous jouer une petite
partition sexy en faisant descendre la fermeture-eclair du haut de son
cuissard (hou-ouuuu, c'est chaud!!!) pour se collant un
cardio-frequencemetre a meme la poitrine (hou-ouuuu, c'est tres chaud!!!)
becoz ca marche pas a travers le cuissard; mon cardio me disait ce matin
qu'il en etait encore tout fretillant d'emotion. D'ailleurs, je me mets a sa
place (je sais pas si je peux?), ce ne doit pas etre facile de recouvrer ces
moyens apres ca...
Nous sommes arrives a La Ferte-Alais pour constater que personne ne nous avait rejoint en voiture, nos fetards z-institutionnels que sont devenus Yves et Thierry ne nous avaient une fois de plus pas decus en preferant leur orgie decadente hebdomadaire et tardive a la sortie vtt dominicale pourtant pas trop matinale.
En ce qui concerne le parcours, ca a ete superbe. Single track en sous-bois, passages geniaux au milieu des rochers, galeres tres eprouvantes dans le sable, puis chemins en rase campagne au milieu d'une mer de ble s'etendant a perte de vue. Bref, une grosse variete de charmants petits coins.
A propos des organisateurs et de la Lozere, si vous cherchez a retrouver votre forme d'antan, n'hesitez pas a faire une petite cure de vtt dans les Causses et les gorges du Tarn, l'etat physique dans lequel sont revenus Agnes et Laurent prouvent que les effets sont assez exceptionnels. Ou alors, ils utilisent des produits testes et approuves par l'equipe Festina mais ca m'etonnerait fort.
Par contre, les effets du climat lozerien sur le mental sont assez deroutants: j'avoue que j'ai eu qlq inquietudes quand Lolo, sans aucun raison apparente, a ressenti le besoin soudain de monter a un arbre des qu'on a eu fini le pique-nique, tout ceci accompagne de cris de primate excite.Etait-ce un coup de chaud, un reste d'instinct animal (encore tres present chez lui), le resultat de la vie de couple avec Agnes (ca doit marquer son homme!), ou simplement l'effet de la perte naturelle (mais acceleree chez certains individus) des cellules grises, je ne sais pas... mais je pense qu'il faudra veiller sur ce garcon qui est pourtant tres agreable par ailleurs. Nous comptons sur toi, Agnes, pour prendre soin de lui.
Dans l'apres-midi, le rythme est demeure tres soutenu mais le groupe, assez
homogene, restait bien compact. Les seuls arrets etaient dus:
- aux lentilles de Agnes qui se pliaient en 4 a chaque virage, ce qui
necessitait l'arret de Gilles qui n'a pas son pareil dans le role de miroir
via les reflets de ses lunettes interposes.
- au remplissage des gourdes. La premiere fois, discretement, dans un petit
cafe des environs. La seconde fois, dans la cour d'un gite rural, Laurent
dont les talents linguistiques ne sont plus a demontrer, etant parvenu a se
faire comprendre de 2 charmantes ex-jeunes et ex-belles femmes qui parlaient
une langue europeenne non francaise. Nous nous sommes donc tous regroupes a
cote du tuyau d'arrosage dispensateur de fraicheur pour remplir nos outres
et autres bidons mais il faisait tellement chaud, la tentation etait trop
grande. Et Laurent craqua! Tres vite, son tuyau allait servir de douche pour
rafraichir les vetetistes, d'abord contre leur volonte puis tres vite, tout
le monde se mettait en position pour etre bien beni par Laurent. Tres
agreable!!!
Ile ne nous restait plus alors qu'une vingtaine de kilometres pour rejoindre Malheserbes, juste le temps pour Marie-Annick, la casse-coup du groupe, de tester la solidite d'un petit-pont-de-bois sur l'Essonne, d'abord tres sereine, puis bcp plus inquiete une fois que je l'ai eu rejoint sur ce meme pont tres branlant, surtout quand je sautai dessus a pieds joints... juste le temps aussi pour Jean-Luc, un peu au bout du rouleau, de se prendre une petite gamelle alors qu'il admirait Jean-Mi-le-play-boy traversant avec talent des ornieres traitresses et pleines de boue... juste le temps enfin pour Agnes de perdre definitivement sa lentille droite.
Nous arrivames a Malesherbes ou une foule en delire (enfin... la serveuse!) attendait ses heros pour leur offrir une bonne rasade de cidre regenerateur, et apres quelques glaces, quelques etirements et quelques baillements, nous rentrames vers Paris tard dans la nuit fourbus mais ravis de cette belle journee de plaisir.
Philou